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    La Bête immonde de Michel Fugain

    Michel Fugain a écrit de nombreuses chansons parlant de paix universelle et d'amour humain. Mais celle-ci, d'un autre genre, reste mon coup de coeur:

    LA BÊTE IMMONDE

    Elle est vivante, elle a encore
    La haine au ventre, la rage au corps
    La bête immonde
    Qu'elle tourne au loin comme un vautour
    Ou rampe et ronge tout autour
    La bête immonde
    Depuis le temps qu'elle fait le trou
    De sa tanière grise
    Là-bas, ici, partout
    Au coeur de chacun de nous
    Elle est l'enfant que la bêtise
    A conçu avec l'ombre
    La bête immonde

    Depuis le temps qu'on laisse faire
    Tous les suppôts de son enfer
    La bête immonde
    Qu'elle a vomi des gestapo
    Dans toutes les guerres, tous les ghettos
    La bête immonde
    Que les salauds dans les salons
    Lui trouvent des excuses
    Lui trouvent des raisons
    Plébiscitées par des cons
    Elle est la fille de la rue
    Qui naît sous les décombres
    La bête immonde

    O pleure, pleure, ma mère la terre
    Des larmes de siècles et de sang
    O pleure, pleure des gouttes d'océan

    Sur les chants qui montent des wagons
    Les camps, les tortionnaires
    Les frères qui clouent leurs frères
    Au poteau des religions

    O pleure ma mère la terre
    Au fond de tes entrailles gronde
    La bête immonde

    Mais qui va lui planter un pieu dans le coeur?
    Qui va l'amputer du goût de l'horreur?
    Elle qui étrangle les ethnies
    Massacre les poètes
    Étouffe l'homme honnête
    Au bâillon des calomnies
    Il faut lui faire sauter la tête
    Avec sa propre bombe
    La bête immonde
    Depuis qu'elle nous pollue l'histoire
    A coups de glaive, à coups de gloire
    La bête immonde
    Que son crachat sur ton drapeau
    Dépend de ta couleur de peau
    La bête immonde
    Depuis qu'elle rôde avec sa faux
    Emblème de son règne
    Depuis qu'elle dit je t'aime
    Aux cagoules, aux échafauds
    Il faut cribler de chrysanthèmes
    Jusqu'à ce qu'elle succombe
    La bête immonde

    O pleure, pleure, ma mère la terre
    Des larmes de siècles et de sang
    O pleure, pleure des gouttes d'océan

    Sur les bouquins dans les bûchers
    Les cris des ratonnades
    Sur les croix des croisades
    Et les continents barbelés

    O pleure ma mère la terre
    Au fond de tes entrailles gronde
    La bête immonde

    Mais qui va lui planter un pieu dans le coeur?
    Qui va l'amputer du goût de l'horreur?

    O pleure ma mère la terre
    Au fond de tes entrailles gronde
    La bête immonde

    O pleure ma mère la terre
    Au fond de tes entrailles gronde
    La bête immonde

    If de Rudyard Kipling

    La première chose que j'ai déposé sur ce blog en janvier 2005 était la traduction française de ce texte de Rudyard Kipling (également auteur du "Livre de la jungle"). J'ajoute aujourd'hui la version originale parce qu'encore maintenant, ça reste pour moi une inspiration et un des plus beaux poèmes jamais écrit.

    If

    If you can keep your head when all about you
    Are losing theirs and blaming it on you;
    If you can trust yourself when all men doubt you,
    But make allowance for their doubting too;
    If you can wait and not be tired by waiting,
    Or, being lied about, don't deal in lies,
    Or, being hated, don't give way to hating,
    And yet don't look too good, nor talk too wise;

    If you can dream - and not make dreams your master;
    If you can think - and not make thoughts your aim;
    If you can meet with triumph and disaster
    And treat those two imposters just the same;
    If you can bear to hear the truth you've spoken
    Twisted by knaves to make a trap for fools,
    Or watch the things you gave your life to broken,
    And stoop and build 'em up with wornout tools;

    If you can make one heap of all your winnings
    And risk it on one turn of pitch-and-toss,
    And lose, and start again at your beginnings
    And never breath a word about your loss;
    If you can force your heart and nerve and sinew
    To serve your turn long after they are gone,
    And so hold on when there is nothing in you
    Except the Will which says to them: "Hold on";

    If you can talk with crowds and keep your virtue,
    Or walk with kings - nor lose the common touch;
    If neither foes nor loving friends can hurt you;
    If all men count with you, but none too much;
    If you can fill the unforgiving minute
    With sixty seconds' worth of distance run -
    Yours is the Earth and everything that's in it,
    And - which is more - you'll be a Man my son!

    Félix Leclerc

     

    "Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes."

     

    "L'amour se passe de cadeaux, mais pas de présence."

     

    "Une fortune est plus à l'abri dans une tête que dans un sac."

     

     

    (Felix Leclerc 1914-1988)

     

     

     

     

    Ohiyesa

     
    "As a child, I understood how to give; I have forgotten that grace since I became civilized. I lived the natural life, whereas I now live the artificial. Any pretty pebble was valuable to me then; every growing tree an object of reverence. Now I worship with the white man before a painted landscape whose value is estimated in dollars! Thus the Indian reconstructed, as the natural rocks are ground to powder, and made into artificial blocks which may be built into the walls of modern society." (The soul of the Indian, an interpretation; Charles A. Eastman = Ohiyesa)
     
    Traduction:
    "Enfant, je comprenais le sens du don; j'ai oublié cette grâce depuis que je suis devenu civilisé. Je vivais une vie naturelle, tandis que je vis maintenant dans l'artificiel. N'importe quel joli caillou avait une grande valeur pour moi jadis; chaque arbre en croissance était un objet de révérence. Maintenant j'adore avec l’Homme Blanc un paysage peint dont la valeur est évaluée en dollars! Ainsi l'Indien est reconstruit, comme les roches naturelles moulues en poudre et transformées en blocs artificiels, qui peuvent s’imbriquer dans les murs de la société moderne."

     

    Note: Ohiyesa est né en février 1858 sur une réserve près de Redwood Falls, Minnesota. Et bien que pour lui ça se soit "relativement bien" passé, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que,  plus jamais, de telles ignobles tentatives d'assimilation ne se produisent... PLUS JAMAIS... 
     
     
     

    Victor Hugo

     
    "Combattons, mais distinguons. Le propre de la vérité, c'est de n'être jamais excessive. Quel besoin a-t-elle d'exagérer? Il y a ce qu'il faut détruire, et il y a ce qu'il faut simplement éclairer et regarder. L'examen bienveillant et grave, quelle force! N'apportons point la flamme là où la lumière suffit."(Un regard sur le passé, Les Misérables, tome 1) 
     
    "La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de batailles qui ont leurs héros; héros obscurs plus grands que les héros illustres." (Les Misérables, tome 1)

    Un des plus beau poëme.

    J'ai envie de débuter ce Blog par un des plus beau poême jamais écrit (N.B.: il s'adresse AUSSI aux femmes)

    Tu seras un homme, mon fils

    de Rudyard Kipling

     Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
    Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
    Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
    Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n'être qu'un penseur ;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    ...
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

                                Tu seras un Homme, mon fils.